Le Tombeau de Jésus

L'affaire du « tombeau perdu » de Jésus

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    Le documentaire de James Cameron sur « le tombeau perdu de Jésus » vient de passer aux USA à grand fracas de publicité sur la chaîne « Discovery Chanel ».  Le documentaire de Cameron est basé sur le livre de Simcha Jacobovici et Charles Pellegrino sur le même sujet (The Jesus Family Tomb : the Discovery, the Investigation, and the Evidence that could Change History.  Harper-Collins).  Ce livre et le documentaire affirment que le tombeau de Jésus a été retrouvé en 1980 au cours d'un chantier dans la banlieue de Jérusalem (curieux que l'on ait attendu près de trente années pour publier un livre sur ce sujet… et précisément après le succès littéraire du « Da Vinci Code ».) En fait, ce sont dix ossuaires (contenant les fragments d'os de dix individus) qui ont été retrouvés en 1980.  Sur ces ossuaires, les archéologues ont pu déchiffrer les noms de dix personnes, dont les noms de Jeshua fils de Joseph, Marie, Marie, Matthieu, Jofa, Judah fils de Jeshua.  À l'époque de cette découverte  l'éminent archéologue Israélien Amos Kloner pensait qu'on pouvait difficilement supposer un lien entre ces ossuaires et la personne de Jésus.  Selon l'archéologue, le père de Jésus était un homme trop pauvre pour avoir pu acquérir une crypte pour lui et sa famille à Jérusalem.  Le professeur Kloner précisa en outre que les noms inscrits sur ces ossuaires étaient très courants en Israël.      


    Pourtant, le livre et le documentaire prétendent fournir les preuves démontrant que ces ossuaires sont ceux de la famille de Jésus.  De plus, les auteurs prétendent que les ossuaires attestent l'union de Jésus et de Marie Madeleine et l'existence d'un fils appelé Judas (il est intéressant que cette dernière affirmation arrive aussi après le succès littéraire du « Da Vinci Code » qui développe une théorie semblable.)

    Plusieurs faits méritent d'être rappelés concernant la famille de Jésus ainsi que sa mort et le témoignage des premiers disciples à sa résurrection.

    1. Jésus ne fut jamais un résident permanent de Jérusalem (ainsi que sa mère et les autres membres de sa famille).  Dans ces conditions il aurait été improbable que sa famille puisse acquérir une sépulture à Jérusalem.

    2. Seules les familles les plus riches de Jérusalem pouvaient acquérir un tombeau familial.  Ce n'était pas le cas de la famille de Jésus. Les Evangiles attestent  qu'un homme riche, Joseph d'Arimathée, dut offrir un tombeau lui appartenant  pour l'ensevelissement de Jésus.

    3. Jésus n'était pas connu sous le nom de « Jésus fils de Joseph » ni par ses proches ni par ses disciples.  Si tel avait été son nom sur ce tombeau, c'est ce nom qui aurait été le sien durant son ministère terrestre (cf. Flavius Josephus,  « Jésus fils de Phabet »,  Ant. 6.5 ; Jésus fils d'Ananus, Guerre des Juifs 6.5 ; Jésus fils de Sapphias, Guerre 2.20).

    4. Le nom de Matthieu ne devrait pas être inscrit sur l'un de ces ossuaires s'il s'agit de la famille de Jésus.  Matthieu était un disciple, mais il n'était pas un membre de la famille de Jésus.

    5. Les noms trouvés sur les ossuaires sont parmi les plus courants de la Palestine à l'époque de Jésus.  Le nom Jésus apparaît sur 98 autres tombeaux et 21 autres ossuaires trouvés non loin du tombeau découvert en 1980.

    6. L'historien juif de la fin du 1er siècle, Flavius Josephus, évoque la vie de Jésus jusqu'à sa crucifixion ; il ne mentionne rien quant à une sépulture pour Jésus mais écrit à propos des apôtres qu'il « leur apparut vivant après trois jours. » (Histoire Ancienne des Juifs, Livre 18, chap. 3).

    7. Les tests d'ADN effectués sur les ossements montrent que certains ossements n'appartiennent pas à la même famille.  Ils ne prouvent nullement qu'un couple fut placé dans le même tombeau.


    Quelques semaines après la mort de Jésus, les apôtres prêchent aux foules et se présentent comme les témoins oculaires de sa résurrection (Livre des Actes, chapitre 2).  Le livre des Actes décrit comment les adversaires religieux et politiques de Jésus font tout pour interdire aux apôtres de se présenter comme témoins de sa résurrection.  Les apôtres sont emprisonnés et battus pour ce témoignage.  N'aurait-il pas été plus simple pour le grand prêtre et les adversaires des apôtres de simplement montrer le supposé tombeau familial de Jésus et de sa famille ?

    Pour quelle raison les apôtres et les autres témoins auraient-ils menti s'il était bien connu que Jésus était mort et simplement enseveli dans un tombeau familial à Jérusalem ? Ces témoins n'avaient aucune raison particulière de mentir et d'inventer une histoire de résurrection d'entre les morts face à l'évidence contraire. L'intérêt grandissant pour les questions liées à la vie de Jésus correspond à une croissance phénoménale du nombre de conversions au christianisme à travers le monde. Est-ce un hasard ?  Je ne le pense pas. Les adversaires du christianisme ont pris conscience de ce retour en force de la foi chrétienne dans le monde, en particulier en Afrique et en Asie.  Comme au commencement de l'Eglise les adversaires de Jésus savent que cette foi repose sur le message de la résurrection de Jésus d'entre les morts.  Cela plus qu'autre chose explique l'effort déployé par certains pour remettre en cause les fondements de la foi chrétienne. (c) 2007


Par Yann Opsitch